28 mai 2009

Le site du jour : Wolfram Alpha

Voici un site qui pour les non-férus de science ne présentera au final que peu d'intérêts. Pour les autres, ils se diront qu'au final, c'est moins barbant qu'à chercher dans le Handbook of Chemistry !!

A l'image de ce qui fait dans Google comme moteur de recherche, vous pouvez (presque) tout lui demander, sur la chimie, biologie, physique, etc...

Pour le reste, mieux vaudra se tourner vers les encyclopédies et autres articles spécialisés...

www.wolframalpha.com

27 mai 2009

les citations du jour

"L'adversaire d'une vraie liberté est un désir excessif de sécurité."
Jean De La Fontaine
homme de lettres français 1621-1695

"Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre."
Thomas Jefferson
homme politique américain 1743-1826

Ces citations à propos de l'usage qui est fait des libertés et des récentes lois (HADOPI et LOPPSI) faites pour les encadrer. Même si le but poursuivi parait particulièrement légitime, il est particulièrement erroné de prétendre que tous les gens soient prêts à perdre un peu de leurs libertés, pour un peu plus de sécurité. Au contraire, c'est dans le débat que l'on peut trouver une issue à cette escalade vers le tout-sécuritaire, sur le Net.

14 mai 2009

Ça ne suffira donc jamais

Je le sais, mon titre joue un peu les rabats-joie. À peine, la loi HADOPI vient-elle d'être adoptée au parlement que chaque camp (pro et anti) y va de sa propre communication plus ou moins radicale d'ailleurs, c'est selon.

Le contexte
Rappelons le contexte si l'en est. La loi "création et internet" (de son véritable intitulé) doit permettre d'encadrer les échanges faits sur la toile, autour des oeuvres de l'esprit, et de créer le délit de contrefaçon lorsqu'un échange est décelé par les ayant-droits, sans qu'il y ait rémunération de ces derniers, bref autant dire que c'est aussi très souvent sans leurs accords. La loi prévoit donc la création d'une Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet, en charge donc de ces différentes missions. Elle aura aussi la (lourde et respectable) tâche d'avertir les internautes indélicats et les sanctionner (suspension de l'accès à Internet) en cas de récidive avérée.
Les arguments avancés par les opposants à la loi, lors des débats à l'assemblée ont été les suivants : double peine, aucun droit à un procès équitable, fichage des internautes, fiabilité de l'adresse IP, doute sur le logiciel de sécurisation, présomption de culpabilité, etc...
Les arguments pro ont été les suivants : nécessité
de légiférer, sauvegarde de la création, arrêt du piratage, etc...

Mais qu'en-est-il réellement maintenant que la loi est votée et en passe d'être promulguée ?

Concernant les pro-HADOPI
De l'aveu même de Mme la ministre, cette loi est quasi-expérimentale. En effet, ne s'appuyant que sur des chiffres fournis par les ayant-droits et les parties prenantes dans cette loi, la vision du champs d'application s'en trouve singulièrement biaisée. D'ailleurs selon la SACEM et l'ADAMI, cette loi ne suffirait pas à combler le manque à gagner (y'en a-t-il seulement un ?). D'où l'idée qui circule de, quand même, faire appliquer une taxe aux FAI, au titre de l'aide à la création. Ces dernières affirment même que les FAI ont largement bénéficié de l'essor du piratage, pour qu'ils n'y contribuent pas (encore) d'une manière ou d'une autre, à le contrer. Le juste retour des choses en quelque sorte.
Il se dégage alors de ces remarques, une impression désagréable que les ayant-droits ne soient tout simplement pas "rassasiés". Cela hypothèque quelque part sérieusement les chances de réussite de la loi.

Concernant les anti-HADOPI
Les réactions contre la loi ne se sont pas fait attendre. À peine déjà, le projet de loi était-il dans les cartons de la rue de Valois, que les solutions de contournement se propageait à la vitesse électronique, pour ne pas dire à la vitesse de la lumière. Il faut dire que les esprits avaient été déjà quelque peu échauffés lors du passage de la loi DADVSI, laquelle punit déjà le piratage (ou du moins le partage d'œuvres intellectuelles protégées). Mais maintenant le discours des anti s'est particulièrement durci, mais toutefois avec comme composante principale, l'expectative.
Pour les premiers, il s'agit effectivement d'opter dès à présent, pour LA meilleure solution que ce soit en cryptage, ou en brouillage, etc...
Les seconds, dont je fais partie, opteront pour approche plus relative et un peu plus pragmatique. C'est notamment de faire le constat d'échec en temps et heure. Premièrement dès que les premières sanctions tomberont : force sera peut-être de constater la fiabilité de l'adresse IP. Deuxièmement aurons-nous vraiment les centaines de mails prévus, puis ces milliers, puis ces dizaines de milliers quand le processus tournera à plein régime ? Je suis perplexe et j'attends de voir.
Je ne parle même pas du fameux logiciel de sécurisation, qui ne tardera pas à voir le jour. Quid aussi des FAI ? Seront-ils coopérants ou bien se montreront-ils retors face aux dénonciations. Nul ne peut l'affirmer dès à présent. En réalité, cette loi possède tellement d'angles d'attaques, et pourtant maintes fois évoqués dans l'hémicycle, que je suis presque certain, qu'il y en a qui s'apprête à faire le bilan au jour le jour de l'application de la loi et qui ne manqueront pas en temps et heure, d'en signaler les errements et peut-être aussi même les bévues, et ce avant même que le bilan officiel, qui devra être fait tous les ans par la haute autorité, ne soit publié...

Pour finir
Tous les regards sont dès à présent tournés vers le futur projet de loi LOPPSI 2 (Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, 2ème mouture, la première avait été promulguée par Nicolas Sarkozy alors ministre de l'intérieur, en 2002). On voit d'ores et déjà que les dérives commises sur HADOPI pourraient être à nouveau réitérées pour cette nouvelle loi.
La bataille de la neutralité du Net ne fait donc que commencer...

Mise à jour du 26/06/2009 : la loi décapitée (et pratiquement vidée de sa substance) vient d'être promulguée

12 mai 2009

L'image du jour : HADOPI

Le projet de loi "Création et Internet" a été adopté en seconde lecture par l'assemblée nationale. Il devra être ensuite entériné par le sénat (le 14 mai prochain), dans sa version votée aujourd'hui, pour être ensuite promulgué au journal officiel, toujours tel quel.

La citation du jour

"La peur du gendarme n'est pas le commencement de la sagesse, mais le commencement de la violence."
Francis Lalanne,
A propos du projet de loi HADOPI "Création et Internet".
Il déclarera aussi qu'il préfèrerait qu'on lui "vole" sa musique,
plutôt qu'on ne l'écoute pas.

23 avril 2009

Les solutions et les alternatives au piratage des oeuvres protégées sur Internet

C'est un vaste sujet que celui que je m'apprête à traiter. Cependant loin d'être exhaustif, je veux juste faire un constat sur la situation actuelle et un état des lieux des solutions qui existent à l'heure actuelle.

La situation actuelle
Elle est pour le moins ambiguë. En effet, actuellement, un certain nombre (relativement important) d'œuvres protégées par les droits d'auteurs circulent sur Internet sans pour autant qu'il y ait rémunération des artistes qui en sont à l'origine. Les ayant-droits en sont conscients et essaient de leur coté de faire sorte qu'il puisse y avoir rémunération (de gré ou de force, nous allons voir plus loin). D'un autre coté, nous avons le marché des supports physiques (CD notamment) qui continue immanquablement de s'effondrer depuis 2003. De surcroît, celui-ci n'arrive pas à être compensé par l'accroissement régulier des ventes numériques en ligne. Encore d'un autre coté, il y a le consommateur, intervenant en bout de chaîne, ce dernier est obligé de subir ce que dicte le marché, donc ce que dicte les distributeurs. On peut comprendre aussi que le piratage vienne d'un sentiment de négation de cet état de fait. Attention, je ne cherche pas à excuser le piratage, mais le public toujours plus en proie à la consommation effrénée de culture (on le voit dans la fréquentation des concerts, ce qui au final devrait être une bonne chose) ne comprend pas que la culture devrait avoir le prix qu'elle a. Quelque part, il y a une remise en cause du système par une frange de cette population consommatrice, chose que les distributeurs de culture ne sont pas prêts à accepter.

Qui dicte quoi ?
Je serai tenté de poser la question différemment : "Qui fait le marché ?". En d'autres termes, "Où se trouve l'offre ?" et "Où se trouve la demande ?"
A la première question, la réponse est composite. En effet, l'offre est plutôt multi-canaux. A ceci, il faudrait aussi distinguer l'offre légale (Streaming, distributeurs, accords avec des opérateurs, etc...) et celle illégale (P2P, bitTorrent principalement). Concernant l'offre légale, elle est encore sous-représentée, l'accès aux catalogues pas toujours très simple. Aussi, les tarifs appliqués semblent aussi constituer un frein dont les distributeurs ont des difficultés à s'affranchir.

A votre avis, pourquoi tant d'internautes téléchargent illégalement ?
Parce que tout le monde le fait.
11,7 %
Parce qu'ils ne sont jamais punis.
4,2 %
Parce qu'ils trouvent que les disques et les DVD sont trop chers.
82,4 %
Parce qu'ils ne savent pas que c'est illégal.
1,7 %
source : 01net

Pour en finir avec le sujet de l'offre légale, le streaming (Deezer, Jamendo, lastFM, etc...) commence à faire des émules mais peinent à trouver un modèle économique efficace (notamment financé par la publicité) et remet en cause simplement la pérennité de leur activité, et ce malgré, je le rappelle, un engouement croissant de la part du public.
Pourtant, les solutions économiques existent (nous verrons cela plus loin).
En ce qui concerne "l'offre illégale", son avantage est bien entendu la richesse du catalogue et sa diversité. Il est ainsi possible de trouver aussi bien un chant de messe, que le dernier titre à la mode, mais aussi des logiciels, des documents, etc... Mais, il y a aussi l'accessibilité aux contenus. Il est particulièrement facile, une fois sur un logiciel de P2P d'aller chercher le contenu que l'on désire, un peu comme si l'on piochait dans un répertoire dans l'explorateur Windows. De l'avis même des distributeurs, le problème du piratage ne connaitra pas d'issue favorable (faut-il le dire, pour tout le monde) tant que la balance penchera en faveur de l'offre illégale.

Quid de "qui fait la demande ?". La réponse est simple, ce sont vous et moi, simples consommateurs de culture, qui en faisons partie. Il faut dire que ces dernières années, nous avons été tellement habitués à consommer de la culture dans tous les sens du terme et de n'importe quelle manière (la convergence des médias aidant). Il faut dire donc que les attentes du public pour les œuvres culturelles deviennent de plus en plus fortes. De ce principe, les distributeurs devraient être contents. Néanmoins, pour aller plus loin dans la description, la demande est composée de plusieurs segments du mélomane au consommateur occasionnel. Ces segments sont de différentes tailles et pour certains, les moins nombreux, l'offre actuelle est très nettement insatisfaisante. Pourtant ce n'est pas parce que l'offre n'existe pas, que la demande n'existe pas, non plus. Surtout que Internet aidant les gens à se regrouper, certaines minorités qui jusque là semblaient géographiquement invisibles peuvent devenir virtuellement visibles.

Quand on connait les attentes de chacun, normalement on devrait penser que dans le cadre d'un commerce normal, les gens paient ce qui leur semble normal de payer. Ça ressemble à une lapalissade, mais c'est loin d'être une évidence pour tout le monde. Dans le cas du commerce des œuvres culturelles, normalement tout le monde devrait y trouver son compte seulement ce n'est pas le cas, pourquoi alors ? Parce que les tensions sont nombreuses sur le marché et il existe aussi de très nombreux intervenants (producteurs, publicitaires, médias, etc...). Ce qui rend le marché de la musique opaque et rentable à faible échelle, pour chacun d'entre eux. Au final, c'est bien le consommateur qui paie l'addition, ou du moins tel est son sentiment en tout cas. On voit donc que la distribution est en position de force par rapport à la demande, ce qui, à mon avis, pour de la culture devrait être l'inverse.
L'inversion de cette tendance pourrait être illustrée par cette nouvelle tendance de la promotion par les internautes d'artistes peu connus jusqu'alors (Grégoire et Sliimy en sont les parfaits exemples), mais aux talents certains.

En ce sens, je pense que les majors cherchent tout simplement à conserver ce rapport de force en l'état, car c'est bien ce phénomène qui fait vendre, à coup sur.

Une période charnière
Nous vivons actuellement une période charnière, qui voit les anciens mode de distribution se transformé. Alors que, les ventes de supports physiques tendent à décliner, les ventes dématérialisées peinent à trouver leur public. Pourtant nous voyons clairement le besoin qui est de vendre sur Internet : la demande ne s'est jamais aussi bien portée.
D'ailleurs, on pourrait se demander si le piratage y est vraiment pour quelque chose dans le déclin des ventes physiques. Certains vont répondraient que oui, d'autres que non.
L'avantage de cette période de transition est qu'elle met les majors au pied du mur, obligés de relever de nouveaux défis, autres que ceux qui constituaient leur cœur de métier, c'est à dire produire et chercher de nouveaux artistes. Il leurs revient maintenant a eux de trouver de nouveaux moyens de faire vendre les artistes.
Je parle de la musique, mais le monde du cinéma est aussi concerné de la même façon par le problème, même si d'aventure, les solutions ne seraient pas les mêmes à mettre en place.

Il est franchement temps de réfléchir à de nouveaux modes de rémunération des artistes, qui puissent être en harmonie avec les désirs/exigences du public.

Les solutions

De mon point de vue, il me semble que la musique est un peu gérée comme des denrées au même titre que le pétrole, ou le blé. Mais il serait largement temps qu'elle soit gérée comme un grand supermarché, c'est à dire dans sa globalité. Je m'explique.
Avec le succès d'iTunes, la plateforme de téléchargement d'Apple, il est possible de dire que ce genre d'activité peut être rentable. Mais sous certaines conditions...
La première est la richesse du catalogue. En effet, plus le catalogue sera étoffé, plus il aura de chance d'attirer un public éclectique, ce qui constituerait un certain gage de succès. Parler de richesse de catalogue, c'est aussi parler de l'exploitation correcte de la théorie de la longue traine. Cette théorie met en œuvre l'exploitation non pas des "hits" faisant le plus gros volume de vente, mais bien des "bides", les oeuvres ayant fait eu un nombre de ventes physiques très modeste. Toujours selon cette théorie, le volume total des œuvres qualifiées de "modestes" est nettement supérieur au volume total des dix premiers hits ou blockbusters.
En second lieu, le prix. Il faut absolument démarquer le cout "physique" d'un titre du cout "virtuel". En effet, le public comprend mal, surtout dans le cadre d'albums connus et amplement distribués, que ces derniers coutent pratiquement aussi cher qu'en magasin. En ça, un tel mécanisme est loin d'être incitatif. Il ne faut certainement pas perdre de vue que les majors luttent contre le "gratuit". Mais je pense que si l'on retombait sur des prix de l'ordre de 0,40€-0,60€* le titre (seuil minimal de rentabilité), l'attrait s'en trouverait amélioré. Mais cela nécessiterait une politique économique courageuse, rigoureuse et rationnelle.

*toujours d'après l'étude de la traine.


Le troisième point et non des moindres, l'accessibilité et la visibilité des offres. En mon sens, ce point est particulièrement négligé par les distributeurs, même si il s'est amélioré ces dernières années avec l'abandon des DRM, par ex. Mais cette avancée ne fait pas tout. En effet, les logiciels de P2P sont de très bonnes plateformes, techniquement très abouties. Les plateformes de téléchargement légal sont quant à elles conditionnées par les opérateurs (FAI et distributeurs principalement), pas sur donc qu'elles soient vraiment sollicitées dans ces conditions.

On voit clairement que tous ces points ont pour seul objectif de faire pencher la balance du coté des ayant-droits, ce qui n'est d'emblée pas une mince affaire.

A coté de cette démonstration, on voit émerger des artistes qui s'affranchissent des maisons de disques (Nine Inch Nails, Radiohead, pour ne citer qu'eux) et qui se proposent de s'auto-promouvoir via le web. Mais ce mode est loin de faire l'unanimité.

Pour terminer
Le problème est loin d'être résolu, et ce n'est pas en opposant les artistes à leur public que les affaires vont s'arranger. Parce que si le public télécharge un petit peu, c'est aussi le même qui va aux concerts de ces mêmes artistes, qui faut-il le rappeler est un secteur de la profession qui subit le moins les affres de la crise actuelle, puisqu'elle connait une croissance certes légère, mais continue de la fréquentation, déjà depuis quelques années.
Par ailleurs, il ne fait aucun doute que le fait de légiférer sur le problème du piratage ne va pas ramener les internautes indélicats vers les bacs. De surcroit, si le téléchargement nuit aux plus gros vendeurs, il n'est pas évident qu'il nuise aux plus petits, puisque par définition, peu connus. C'est bien là, tout le paradoxe du problème qu'il convient d'étudier sous tous les angles.
Le projet de loi par conséquent s'inscrit de facto dans le mouvement du desiderata des majors, ce qui n'est pas forcément la meilleure des choses pour les clients. Vous me pardonnerez l'image, mais c'est un peu comme si un charretier à force de taper sur son ane, il finit par le voir partir. Une telle loi finira de consommer le divorce entre les artistes et le public, à quoi bon et dans quel intérêt surtout ?


A lire en complément : l'article du monde.fr en date du 20.04.2009

20 avril 2009

La citation du jour

"L'innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité."
Peter Drucker,
Théoricien de Marketing américain 1909-2005

Tendances sur les sjuets HADOPI et LOPPSI