19 juin 2009

Et si le web 2.0, c'était fini ?

La question peut vous paraitre saugrenue, surtout si vous êtes comme moi un utilisateur plus ou moins assidu des plateformes telles Myspace, Facebook, Dailymotion, Youtube et tout le reste. Il faut dire qu'il y en a tellement et pour tout les genres. Avec cependant un point commun à tout ça : ces plateformes placent l'internaute au centre des échanges qu'il a avec d'autres internautes. Pour rappeler ce qu'est le Web 2.0, disons qu'avant le Web se contentait d'être une vaste galerie publicitaire et marchande, maintenant, c'est une grosse brocante où tout à chacun peut échanger avec n'importe qui. Échanger oui, voler non. D'ailleurs, si l'on tentait la comparaison, le piratage s'apparenterait plus à du recel, dans une moindre mesure, qu'à de la distribution non autorisée.
Le Web 2.0, c'est donc tout ça. Mais l'on aperçoit déjà les signes avant coureur d'une certaine lassitude de la part des internautes, mais aussi de la part des régies publicitaires (qui, on le sait bien, sont les principaux pourvoyeurs de monétisation de ce type de site). D'ailleurs, il semblerait que la crise n'y soit pas étrangère.

Quels sont ces signes ?
Ils sont de multiples natures, mais le plus flagrant est certainement l'atterrissage des courbes de fréquentation des sites communautaires. On s'aperçoit qu'il devient à présent plus difficile pour ces derniers de recruter des nouveaux comptes. D'ailleurs à ne pas se tromper, le perdant est bien Myspace. Ce dernier vient d'annoncer 400 licenciements dans le monde (sur les 1000 employés du groupe de Ruppert Murdoch), et de surcroit paye cher son manque d'ambition et d'innovation. L'innovation, voilà une chose qui parle aux internautes : en effet, ils sont constamment à la recherche de services (gratuits ?) novateurs qui leurs permettrait de mieux se mettre en relation avec leurs "amis", bref de mieux communiquer. Je pense à ce niveau que la réponse à cette recherche doit être constamment assouvie sous peine, pour le service, de tomber dans la désuétude.

Pour contrer le phénomène
En cela, Facebook l'a bien compris. À Palo Alto, ils ont dans le collimateur, le service de micro-blogging Twitter (ce qui en anglais signifie "piailler"). Son principe est relativement simple : si vous avez quelque chose à dire, vous le dites, et des gens s'abonne à votre canal de communication, un peu à l'image de l'AFP, avec ses dépêches. Sauf que là, vous êtes branché sur les états d'âme d'une personne donnée. Le hic (s'il en est), c'est que les entrées de blog sont limitées à 140 caractères. Donc il faut savoir être bref et concis. Ce service vient de démontrer toute son importance, avec la crise électorale iranienne. En effet, les opposants du régime réélu ont abondamment communiqué par ce canal, et ce, pratiquement en temps réel. Le temps réel, voilà ce qui manque à Facebook. Là où ses services ne se contentent que de transmettre du message a postériori, on voit bien que c'est effectivement le talon d'Achille du service communautaire. La vraie question, aussi, c'est à quoi ça sert d'avoir 200 millions d'utilisateurs, quand ce n'est que que pour communiquer qu'avec sa poignée d'amis ? Autant le faire savoir à tout le monde, tant que vous y êtes !
Par ailleurs, il y a quelques mois, Facebook avait du composer avec une fronde de ses utilisateurs sur l'application Beacon censée utiliser les informations de leurs comptes. Résultat des courses : le portail communautaire avait du faire marche arrière, à l'époque.
Sans compter les problèmes de valorisation du portail estimé à 15 milliards de $ (fin 2007 lors de l'entrée de Microsoft dans le capital à hauteur de1.6%), dans un premier temps, et qui en réalité n'en vaudrait que 10 milliards, vous aurez un vaste aperçu des soucis du portail.
On voit que quand on s'appelle Marck Zuckerberg, il n'est pas forcément évident de faire vivre une enseigne majeure du Web 2.0. Et en l'occurrence, on ne peut pas faire tout et n'importe quoi avec ses utilisateurs.

Pour finir
Quoiqu'il en soit si le Web 2.0 n'est pas en train de disparaitre, il marque cependant un coup d'arrêt, ou du moins de ralentissement. Si on a quelques difficultés à voir ce que pourrait être vraiment le Web 3.0 (en 3D, full média access, omni-présent, temps réel, etc...), le Web 2.0 semble atteint une certaine maturité technologique et publique. Après un engouement plus qu'important, ses audiences devrait marquer le pas, elles aussi.
L'augmentation des audiences serait ensuite due à un effet "sénior". En effet, ces derniers plus lents et moins réactifs en terme de technologie ne s'y mette logiquement qu'après leurs enfants. D'ailleurs, on assiste à une tendance très intéressante qui est le renversement de la pyramide des ages des utilisateurs : les plus jeunes sont moins nombreux, car ils désaffectionnent le service (notamment parce qu'ils retrouvent des professeurs, des parents, etc...), au profit de nouveaux portails comme Twitter. Les accros ou les irréductibles, un peu moins jeunes finissent par vieillir quoiqu'ils puissent en penser. Et les séniors donc de plus en plus nombreux commencent seulement à s'intéresser au service.

08 juin 2009

Le chiffre du jour : 25

25 : c'est l'age du jeu "Tetris". Ce qui en fait l'un des plus vieux jeu au monde.

Pour plus de renseignement, vous pouvez lire l'article de PC inpact, ici.

28 mai 2009

Le site du jour : Wolfram Alpha

Voici un site qui pour les non-férus de science ne présentera au final que peu d'intérêts. Pour les autres, ils se diront qu'au final, c'est moins barbant qu'à chercher dans le Handbook of Chemistry !!

A l'image de ce qui fait dans Google comme moteur de recherche, vous pouvez (presque) tout lui demander, sur la chimie, biologie, physique, etc...

Pour le reste, mieux vaudra se tourner vers les encyclopédies et autres articles spécialisés...

www.wolframalpha.com

27 mai 2009

les citations du jour

"L'adversaire d'une vraie liberté est un désir excessif de sécurité."
Jean De La Fontaine
homme de lettres français 1621-1695

"Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre."
Thomas Jefferson
homme politique américain 1743-1826

Ces citations à propos de l'usage qui est fait des libertés et des récentes lois (HADOPI et LOPPSI) faites pour les encadrer. Même si le but poursuivi parait particulièrement légitime, il est particulièrement erroné de prétendre que tous les gens soient prêts à perdre un peu de leurs libertés, pour un peu plus de sécurité. Au contraire, c'est dans le débat que l'on peut trouver une issue à cette escalade vers le tout-sécuritaire, sur le Net.

14 mai 2009

Ça ne suffira donc jamais

Je le sais, mon titre joue un peu les rabats-joie. À peine, la loi HADOPI vient-elle d'être adoptée au parlement que chaque camp (pro et anti) y va de sa propre communication plus ou moins radicale d'ailleurs, c'est selon.

Le contexte
Rappelons le contexte si l'en est. La loi "création et internet" (de son véritable intitulé) doit permettre d'encadrer les échanges faits sur la toile, autour des oeuvres de l'esprit, et de créer le délit de contrefaçon lorsqu'un échange est décelé par les ayant-droits, sans qu'il y ait rémunération de ces derniers, bref autant dire que c'est aussi très souvent sans leurs accords. La loi prévoit donc la création d'une Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet, en charge donc de ces différentes missions. Elle aura aussi la (lourde et respectable) tâche d'avertir les internautes indélicats et les sanctionner (suspension de l'accès à Internet) en cas de récidive avérée.
Les arguments avancés par les opposants à la loi, lors des débats à l'assemblée ont été les suivants : double peine, aucun droit à un procès équitable, fichage des internautes, fiabilité de l'adresse IP, doute sur le logiciel de sécurisation, présomption de culpabilité, etc...
Les arguments pro ont été les suivants : nécessité
de légiférer, sauvegarde de la création, arrêt du piratage, etc...

Mais qu'en-est-il réellement maintenant que la loi est votée et en passe d'être promulguée ?

Concernant les pro-HADOPI
De l'aveu même de Mme la ministre, cette loi est quasi-expérimentale. En effet, ne s'appuyant que sur des chiffres fournis par les ayant-droits et les parties prenantes dans cette loi, la vision du champs d'application s'en trouve singulièrement biaisée. D'ailleurs selon la SACEM et l'ADAMI, cette loi ne suffirait pas à combler le manque à gagner (y'en a-t-il seulement un ?). D'où l'idée qui circule de, quand même, faire appliquer une taxe aux FAI, au titre de l'aide à la création. Ces dernières affirment même que les FAI ont largement bénéficié de l'essor du piratage, pour qu'ils n'y contribuent pas (encore) d'une manière ou d'une autre, à le contrer. Le juste retour des choses en quelque sorte.
Il se dégage alors de ces remarques, une impression désagréable que les ayant-droits ne soient tout simplement pas "rassasiés". Cela hypothèque quelque part sérieusement les chances de réussite de la loi.

Concernant les anti-HADOPI
Les réactions contre la loi ne se sont pas fait attendre. À peine déjà, le projet de loi était-il dans les cartons de la rue de Valois, que les solutions de contournement se propageait à la vitesse électronique, pour ne pas dire à la vitesse de la lumière. Il faut dire que les esprits avaient été déjà quelque peu échauffés lors du passage de la loi DADVSI, laquelle punit déjà le piratage (ou du moins le partage d'œuvres intellectuelles protégées). Mais maintenant le discours des anti s'est particulièrement durci, mais toutefois avec comme composante principale, l'expectative.
Pour les premiers, il s'agit effectivement d'opter dès à présent, pour LA meilleure solution que ce soit en cryptage, ou en brouillage, etc...
Les seconds, dont je fais partie, opteront pour approche plus relative et un peu plus pragmatique. C'est notamment de faire le constat d'échec en temps et heure. Premièrement dès que les premières sanctions tomberont : force sera peut-être de constater la fiabilité de l'adresse IP. Deuxièmement aurons-nous vraiment les centaines de mails prévus, puis ces milliers, puis ces dizaines de milliers quand le processus tournera à plein régime ? Je suis perplexe et j'attends de voir.
Je ne parle même pas du fameux logiciel de sécurisation, qui ne tardera pas à voir le jour. Quid aussi des FAI ? Seront-ils coopérants ou bien se montreront-ils retors face aux dénonciations. Nul ne peut l'affirmer dès à présent. En réalité, cette loi possède tellement d'angles d'attaques, et pourtant maintes fois évoqués dans l'hémicycle, que je suis presque certain, qu'il y en a qui s'apprête à faire le bilan au jour le jour de l'application de la loi et qui ne manqueront pas en temps et heure, d'en signaler les errements et peut-être aussi même les bévues, et ce avant même que le bilan officiel, qui devra être fait tous les ans par la haute autorité, ne soit publié...

Pour finir
Tous les regards sont dès à présent tournés vers le futur projet de loi LOPPSI 2 (Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, 2ème mouture, la première avait été promulguée par Nicolas Sarkozy alors ministre de l'intérieur, en 2002). On voit d'ores et déjà que les dérives commises sur HADOPI pourraient être à nouveau réitérées pour cette nouvelle loi.
La bataille de la neutralité du Net ne fait donc que commencer...

Mise à jour du 26/06/2009 : la loi décapitée (et pratiquement vidée de sa substance) vient d'être promulguée

12 mai 2009

L'image du jour : HADOPI

Le projet de loi "Création et Internet" a été adopté en seconde lecture par l'assemblée nationale. Il devra être ensuite entériné par le sénat (le 14 mai prochain), dans sa version votée aujourd'hui, pour être ensuite promulgué au journal officiel, toujours tel quel.

La citation du jour

"La peur du gendarme n'est pas le commencement de la sagesse, mais le commencement de la violence."
Francis Lalanne,
A propos du projet de loi HADOPI "Création et Internet".
Il déclarera aussi qu'il préfèrerait qu'on lui "vole" sa musique,
plutôt qu'on ne l'écoute pas.

Tendances sur les sjuets HADOPI et LOPPSI